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La piste islamiste privilégiée

Trois Mauritaniens auteurs d’une attaque ayant fait quatre morts parmi des touristes français lundi en Mauritanie ont pris la direction de la frontière sénégalaise, située au sud de ce pays, ont rapporté mardi à l’AFP des sources sécuritaires. Cependant la piste intégriste se précise.

Selon ces sources, citant le témoignage d¹un chauffeur de taxi qui les a transportés dans la nuit de lundi à mardi, les trois fugitifs se sont rendus dans la ville frontalière de Bogué. Des barrages ont été installés sur plusieurs postes-frontières de la zone, a ajouté cette source, qui n¹exclut toutefois pas que les suspects aient pu traverser la frontière dans la nuit. Trois Mauritaniens, deux hommes et une femme, avaient été interpellés lundi soir à Aleg (250 km à l¹est de Nouakchott) dans le cadre de l¹enquête lancée par la gendarmerie après l¹attaque. La femme a été libérée mardi matin, alors que les deux hommes étaient toujours interrogés par la police, a indiqué à l¹AFP une source sécuritaire.
Un cinquième touriste français, un septuagénaire blessé par une balle à la jambe gauche lors de l¹attaque, a été transféré dans la nuit de lundi à mardi dans un hôpital de Dakar, ont indiqué à l¹AFP des sources diplomatiques jointes à Nouakchott et Dakar. L¹ambassadeur de France à Dakar, Jean-Christophe Rufin, a déclaré à l¹AFP s¹être rendu à son chevet dans la matinée. M. Rufin a précisé que la vie du septuagénaire n¹était pas en danger et qu¹il devait être rapatrié en France dès mercredi.
Une source contactée à l¹ambassade de France à Nouakchott a précisé à l¹AFP que ces touristes effectuaient un périple à bord de deux véhicules entre Paris et le Burkina Faso. Ils étaient en route vers le Mali au moment de l¹attaque.

Actes terroristes ?
Par ailleurs, et à l¹heure où nous mettions sous presse, nous apprenons que les services de sécurité mauritaniens semblent avoir écarté la thèse du crime crapuleux. Après l’arrestation du chauffeur de la voiture qui a conduit les assaillants sur le lieu du crime, et du taximan qui les a conduits à la frontière mauritano-sénégalaise, la police est désormais à la recherche d’un groupe de salafistes récemment libérés de prison.
La police a, dans ce cadre, mis aux arrêts l’épouse d’un salafiste du nom Mustapha Ould Abdelkader. De son nom de guerre, Abou Saïd, ce dernier n’est autre qu’un salafiste que les autorités mauritaniennes avaient interpellé en 2005 avant d’être gracié il y a tout juste trois mois.
En plus de son épouse, l’un de ses bras droits, en l’occurrence le prénommé Mohamed Mahmoud Ould Sidi, est recherché avec deux autres comparses qui ont la particularité d’avoir été tout récemment relaxés eux aussi par les autorités judiciaires du pays alors qu’ils étaient accusés de préparer des actes terroristes. Les signalements issus des ces deux témoignages semblent correspondre aux «portraits robots» des islamistes sus-mentionnés.
Il faut rappeler que ces actes interviennent à quelques jours seulement avant le passage du Rallye Paris-Dakar, et à moins de deux semaines des explosions terroristes Alger. D’autant plus que, selon le nouvel Observateur, les trois suspects sont soupçonnés d’avoir fréquenté les camps d’entraînement du GSPC en Algérie.

Tourisme : Combattre les injustices

Dans notre précédente livraison, on a évoqué le cas d¹un restaurateur fort connu dans la ville d¹Agadir pour les nombreuses escroqueries perpétrées à l’encontre de ses collègues, notamment son accaparement de deux locaux, aux complexes Tawada et Tamlelt, après avoir usurpé ses associés.

Maintenant, il en détient trois pour des sociétés différentes et s¹arrange à y faire tourner son personnel afin de se dérober de la souscription à la CNSS et le SMIG requis, sans parler de l¹hygiène défaillante. Sa dernière victime n¹est autre que le ressortissant marocain qui avait tenu la restauration au SIFEL 2007 dont on a, auparavant, couvert les péripéties de cette nouvelle escroquerie caractérisée par un vol délibéré. Maintenant, l¹affaire est entre les mains de la justice et fait également intervenir de nombreuses personnalités aussi bien nationales qu¹étrangères plaidant en faveur du jeune émigrant qui s¹est fait vilement avoir par ce pseudo-restaurateur. Le comble, c¹est que cet investisseur dynamique et ambitieux, qui avait intégré son pays pour y monter des projets d¹envergure, jure maintenant de ne plus tenter des aventures dans le bercail après cette supercherie dont il fut lâchement l¹objet. Ce fait qui peut paraître anodin et fortuit donne beaucoup à réfléchir et présente, en fait, un échantillon significatif du secteur de la restauration qui connaît des anomalies saillantes auxquelles contribuent sensiblement les autorités locales par leur soudoiement et démission.
Là où il fait «bon vivre», des agents d¹autorité se remplissent gracieusement la panse en crevettes royales et se rafraîchissent le gosier en boissons alcoolisées, tout en se frottant les mains en fin de soirées, les poches bien pleines. Ces coins sont connus de tout le monde, en particulier certains de ceux qui bénéficient des autorisations de cabarets où on peut très vite récupérer les dépenses «extra», alors que ces locaux autorisées ne répondent nullement aux cahiers des charges. Certains sont tellement exigus que l¹on traverse la cuisine pour accéder au «concert» assourdissant. D¹autres qu¹on peut appeler restau-sexy sont publiquement ouverts au proxénétisme béat et sont soupçonnés de s¹adonner à la contrebande et même au trafic de drogue, notamment au complexe Tawada où émergent des énergumènes arabes et asiatiques fort douteux
Bien d¹autres encore multiplient les services dans une même boîte, avec snack, pizzeria, glacier, bar, café, salon de thé, boulangerie, pâtisserie, cabaret, restaurantŠ, particulièrement un fameux local situé à l¹avenue Hassan II et dont le propriétaire a eu, dernièrement, «l¹idée géniale» de créer un restaurant du «c¦ur», alors qu¹il vend à 1,30 DH «la parisienne». Drôle de c¦ur !  Le tout, une vingtaine dans les diverses zones de la ville, du front de mer à l¹avenue Hassan II, évolue en outrepassant les clauses prévues. Ils commencent leur tintamarre bien avant dans la journée et finissent très tard, en vendant des plats à la hâte à des prix «cassants», car les boissons compensent bien les choses. Pendant ce temps, leurs collègues avoisinants trouvent toutes les peines du monde pour écouler des menus bien soignés et richement entretenus. La concurrence est déloyale si l¹on sait que les cabarets ouvrent la journée, alors qu¹ils ne peuvent le faire qu¹en fin de soirée, sans parler des dispositions légales qui leur font défaut. L¹association des restaurateurs, échouée entre les mains de présidents bien en deçà des responsabilités assumées, est loin de répondre aux doléances et d¹assainir le secteur ravagé par les pratiques corruptives et les transgressions des règlements en vigueur. Une enquête impartiale et vigoureuse de la part des décideurs de haut niveau s¹impose pour mettre fin à l¹anarchie et la déchéance et protéger toutes les bonnes volontés qui oeuvrent dans le respect et la légalité. Il est bien évident que cette enquête, si elle a lieu, mettra au clair toutes les infractions qui frappent le secteur et participera potentiellement à sa promotion.

Toujours au service de l’USK

Parmi les joueurs qui ont réussi leur carrière à un moment où il était bien difficile de gagner et surtout de conserver sa titularisation, tant les talents ne manquaient pas chez plusieurs équipes, et en particulier chez l’USK, Driss Loumari était l¹un de ces joueurs. Et tout en faisant les beaux jours de l’équipe kacémie, il a réussi sa carrière professionnelle.
Depuis qu¹il a mis fin à la pratique du football, plusieurs saisons se sont écoulées. Et comme la plupart des joueurs, il s’est reconverti dans la carrière d’entraîneur pour assurer la direction technique de son ex-équipe qui évolue actuellement en GNFE II. Lors d¹une rencontre que nous avions eu avec lui, Loumari n’est pas allé par quatre chemins pour nous livrer ses impressions aussi bien sur le passé que sur le présent de cette équipe aux énormes potentialités humaines.

Al Bayane : L’USK dans le temps et l’espace ?

Driss Loumari : Par le passé, l’USK était soutenue par tous les détenteurs de fonds et les notables à l’intérieur de la ville et même au niveau de la province. Ce qui lui a permis de se placer parmi les meilleurs clubs du pays. Le fait de pourvoir l’équipe nationale en éléments de valeur en est une preuve. Hélas de ce passé rien n’a pu résister au temps avec tous ses changements. En conséquence l’équipe a connu un recul, mais ce qui est encouragé pour l’USK, c’est que la ville de Sidi Kacem est un riche grenier pour les futurs talents, à la seule condition de les découvrir à temps pour les encadrer dans des conditions favorables à leur épanouissement. Et même si l’équipe n’est pas fortement concurrencée au niveau local, dans le recrutement des jeunes pour la pépinière, nous regrettons l¹absence des moyens matériels à la hauteur de nos aspirations.

Pourtant la ville et sa province ne manquent de rien ?

Théoriquement oui. La ville a même de quoi entretenir non une équipe, mais plusieurs. Seulement, nous notons qu’il y a un certain éloignement dans les relations entre les associations sportives et leur entourage. Ce n’est d’ailleurs pas une exception pour l’USK dont la situation s’est aggravée après la suspension de la subvention accordée par la SCP. Alors qu¹elle devrait être augmentée, n¹empêche que pour compenser à ce qu’elle cause à la ville comme mal, cette subvention fut retirée. L’aide du conseil municipal et de quelques donateurs ne pourrait suffire pour faire face aux charges de plus en plus lourdes.

Et malgré tout ?

La vie continue. En attendant que les choses changent pour l¹activité sportive en général dans la ville de Sidi Kacem, et pour le football en particulier nous continuons à croire en l’avenir. Et c’est pour cette raison que l’USK a repris la formation des jeunes après une vaste campagne de prospection pour dénicher les joueurs de demain. De nos jours, l’équipe joue avec des éléments dont la moyenne d’âge varie entre 17 et 19 ans. Et nous sommes satisfaits du rendement de notre effectif. Notre objectif pour cette saison n’est pas la montée en GNFE I. Mais plutôt la formation et la préparation d¹un bon nombre de jeunes pour permettre à l¹équipe de tirer profit en les prêtant ou en les cédant à titre définitif à d¹autres équipes. Bref nous visons la création des ressources matérielles à partir de nos ressources humaines. Jusqu’à présent, les responsables font de leur mieux pour gérer la situation. Mais le problème matériel reste un grand obstacle devant l’équipe qui ne peut espérer d’autres issues qu’un maintien.
La montée en GNFE I est reportée à une date ultérieure, où l’USK aura suffisamment de ressources fixes pour pouvoir subvenir à tous ses besoins, sans trop compter sur les donateurs. Ce qui tranquillise l’équipe actuellement, c’est le retour du public, pas nombreux comme avant, mais déjà fidèle. Ce point est très important pour le soutien moral.

Comme la montée n’est pas votre objectif cette saison, vos charges ne seront pas lourdes ?

Même si cette question est à poser aux dirigeants, je peux vous dire que l’entretien d’une pépinière telle la nôtre demande un budget très important. Car il n’y a pas de plus coûteux que de préparer l’avenir. Et à l’USK, on investit gros pour réussir cet objectif.

Et après cette saison ?

Nous espérons récolter les fruits de nos efforts pour redonner à l’USK sa place d¹avant sa relégation, sur des bases solides qui pourraient lui garantir une longue vie au sein de l’élite du football national.

Un autre cas défaillant de la gestion déléguée

La gare routière Ouled Ziane est en dégradation continue. C’est un autre cas défaillant de la gestion déléguée des biens publics à Casablanca. Et le Conseil de la ville demeure spectateur, ni suivi, ni contrôle du respect du cahier de charges par la société gérante et les locataires des locaux commerciaux de la bâtisse.

L’état des lieux interpelle à plus d’un titre. Certains locaux commerciaux situés au sous-sol sont devenus des lieux de débauche. L’occupant d¹un espace alignait des chaises et des tables sur le couloir pour y installer ses clients devant un écran de télévision qu¹il a placé au mur pour suivre des matchs de football et des films pornographiques au-delà de minuit. Et en parallèle, la consommation du haschich bat son plein et les «joints» rendent le lieu irrespirable.
D¹autres, à côté, ont procédé à des modifications du plan et y exercent des activités, préparation des repas et sandwichs, entre autres, sans aucun respect des règles d¹hygiène, en plus des dangers que cela présente pour les riverains et les voyageurs. Des bonbonnes de gaz et des branchements anarchiques d¹électricité dans certains cas pourraient à tout moment déclencher un drame sur les lieux. Au rez-de-chaussée, le directeur de la société gérante a, à son tour, procédé à une transformation dans un local pour y installer une téléboutique. C¹est l¹anarchie sur toute la ligne. S¹il n¹y avait pas les limiers du poste de police de la zone qui travaillent avec les moyens de bord 24 h/ 24h, cette bâtisse serait un lieu de débauche par excellence. La démission du Conseil de la ville et l¹aggravation de la situation ont poussé les services de la préfecture des arrondissements d¹Al Fida Mers Sultan et du District de la police d¹Al Fida à prendre le dossier en main. Et d¹ailleurs, ce sont les deux départements qui renforcent leurs services sur les lieux lors des fêtes religieuses pour assurer de bonnes conditions aux nombreux voyageurs qui transitent par cette gare.
Les services des deux départements ont procédé à la fermeture de deux locaux installés anarchiquement sur les quais depuis des années. De même, une commission composée des services de la préfecture et de la police ont effectué jeudi une tournée sur les lieux. Selon des sources concordantes, cette commission établira un constat des lieux et les locataires qui ne respectent pas le cahier de charges seront rappelés à l¹ordre.
Les services de la préfecture sont à cheval pour mettre de l¹ordre dans la zone. Après la problématique des marchands ambulants, ils ont atterri chez les commerçants indélicats. Continueront-ils leur périple pour mettre à nu les dossiers du quartier Grigwane ?
Rappelons dans ce cadre que grâce à sa gestion informatisée, la gare routière Ouled Ziane pourrait recevoir entre 700 et 1000 rotations d¹autocars sur 24 heures. Cette capacité n¹a jamais été atteinte, depuis sa création.
Actuellement, le nombre ne dépasse pas 600 autocars. La Gare est située dans le territoire de la Préfecture des arrondissements Al Fida Derb Sultan, à proximité de l¹axe routier Casa-Rabat, dont le but est de faciliter l¹accès et la sortie des autocars à la gare et permettant le soulagement de la circulation à l¹intérieur de la métropole.

Quel impact sur l’image du Maroc et des immigrés marocains?

Après avoir été pendant plusieurs décennies un pays émetteur d’émigrés, depuis le milieu des années 80, l’Espagne se transforma progressivement en pays récepteur. Jusqu’au début des années 90, en raison du nombre encore insignifiant d’immigrés travaillant en dans ce pays et de leur peu de visibilité dans l’espace public espagnol, la question migratoire n’était pas encore un sujet de préoccupation majeure de l¹opinion publique espagnole ni faisait la une des journaux. Ce n’est qu’à partir de 1995, avec l’augmentation sans précédents du nombre d’immigrés clandestins arrivant sur les côtes espagnoles, que la question migratoire commença à faire l’objet d’un débat au sein de l’opinion publique espagnole, accaparant l¹attention des intellectuels, des éditorialistes et des responsables politiques.

A partir ce moment-là et avec l’aggravation du phénomène de l¹immigration clandestine en provenance des côtes marocaines, on vit pour la première fois certaines formations politiques espagnoles instrumentaliser cette question à des fins électoralistes. Profitant de l’inquiétude croissante que le déferlement quotidien des immigrés clandestins commença à susciter au sein de l’opinion publique espagnole, la droite, menée par José Maria Aznar, fit de cette question son principal cheval de bataille pour capter les votes des électeurs.
Que ce soit pendant les élections législatives de 2000 ou pendant celles de 2004, l’instrumentalisation de la question migratoire faisait partie des atouts dont se servit le Parti Populaire pour gagner la confiance de l’électorat et se maintenir au pouvoir. Le moindre événement, lié avec l¹immigration, qui pouvait se produire allait être instrumentalisé par la droite espagnole, pour exagérer les méfaits supposés d¹une immigration « incontrôlée » sur la stabilité et la paix sociale en Espagne, et souligner la nécessité impérieuse d¹adopter une politique migratoire plus r estrictive et plus sécuritaire. Ce fut le cas avec les événements de la localité de El Ejido, survenus le 5 février 2000 à la suite de l¹assassinat d¹une jeune espagnole par un immigré marocain. Cet événement survenu en pleine débat sur une nouvelle Ley de Extranjeria1, jugée trop permissive par le Parti Populaire, fut saisi par les ténors de ce parti pour mettre en garde l¹opinion publique contre les dangers qu¹une politique migratoire permissive faisait peser sur la sécurité et la cohésion sociale de la société espagnole. La plupart des déclarations des responsables du PP faisaient un lien entre ce qui se produisit à El Ejido et l¹augmentation « incontrôlée » des flux migratoires. Transformé en un des leitmotivs de la droite espagnole, cet amalgame établissait un rapport de cause à effet entre l¹immigration et l¹augmentation de la délinquance dans les grandes agglomérations espagnoles.

Le collectif
marocain :
première victime de la propagande de la droite

Loin de favoriser la coexistence entre les nouveaux arrivants et la société espagnole, une instrumentalisation de ce genre ne fait que préparer un climat propice pour l¹émergence d¹un sentiment généralisé de rejet et de méfiance à l¹égard des immigrés. Ce sentiment de rejet est dirigé surtout contre les immigrés marocains. Comme le prouvent toutes les enquêtes d¹opinion réalisées durant les dix dernières années, ces derniers sont le collectif le moins apprécié des Espagnols. Il semble que la visibilité de plus en plus marquée des Marocains dans l¹espace public espagnol, ait suscité beaucoup d¹inquiétudes au sein d¹une opinion publique qui, jusqu¹à une date très récente, n¹était pas habituée à coexister avec des gens différents à l¹intérieur de son pays. Cette nouvelle donne déboucha sur le déclenchement d¹un débat brûlant et passionnel dans lequel, à de rares exceptions, la majorité des intervenants convergent à stigmatiser le collectif marocain.
Pour la simple raison que ce dernier est porteur d¹une culture, un mode de vie et une religion différents et méconnus des Espagnols, ils sont criminalisés et présentés comme étant des menaces pesant sur l¹identité et la stabilité politique et économique de l¹Espagne. Les promoteurs d¹un tel discours ont recours à un large éventail d¹arguments en vue de manipuler les masses populaires, les convaincre de la nécessité impérieuse d¹adopter une politique de plus en plus sécuritaire et les rendre intolérantes à l¹égard d¹un collectif d¹immigrés qui se transforme, ainsi, en bouc émissaire des problèmes sociaux et économiques du pays d¹accueil.
Ce qui est encore pire, c¹est que, au lieu d¹inciter l¹opinion publique espagnole à reconsidérer sa vision historiquement hostile et diabolisante des Marocains, certains auteurs vont même jusqu¹à donner des justifications au mauvais traitement et au mépris collectif qu¹un large secteur de la société espagnole réserve aux immigrés marocains, en faisant des amalgames bien calculés et en insistant sur la conflictualité supposée des marocains en tant que musulman et leur penchant pour la délinquance et la violence :
Souvent, on oublie que la méfiance qu¹éprouve de plus en plus la population espagnole à l¹égard des communautés maghrébines a des justifications objectives : le taux de criminalité des maghrébins [Š] est supérieur à n¹importe quelle autre communauté. La conflictualité que vivent les quartiers où les maghrébins sont présents de façon remarquée a comme résultat le déménagement des citoyens d¹origine espagnole. Les pratiques religieuses de l¹islam les rendent complètement différents de n¹importe quelle autre religion. De plus, toute critique de leurs particularités est contestée automatiquement avec l¹accusation de « racisme.». Par-dessus le marché, à l¹exception de la communauté maghrébine, aucune communauté résidente en Espagne, n¹a enregistré 200 arrestations durant les dernières années pour des liens avec le terrorisme2.
Cet auteur va encore plus loin dans ses diatribes contre le collectif marocain. En s¹appuyant sur les émeutes qui éclatèrent en novembre 2005 dans les grandes villes françaises, il s¹en prend aux immigrés maghrébins et en conclue sans ambages que ceux-ci viennent en Europe, non pas pour travailler, s¹intégrer et améliorer leur situation économique, mais plutôt pour tirer profit des avantages économiques et sociaux des pays européens, ou pire encore, pour porter atteinte à la paix, la stabilité et les intérêts de ces pays par la perpétration d¹attentats terroristes.
Pour cet auteur, l¹échec des politiques d¹intégration dans plusieurs pays européens n¹est pas imputable aux décideurs politiques européens, qui auraient pris toutes les mesures nécessaires afin de favoriser l¹intégration et la promotion sociale des immigrés maghrébins, mais plutôt à ces derniers, dans la mesure où ils ne manifesteraient aucune volonté de s¹intégrer et de s¹adapter au mode de vie occidental. Partant de ce constat, ils incitent les dirigeants européens à prendre les mesures nécessaires en vue d¹exercer un contrôle hermétique des frontières européennes et contenir les arrivées massives des ces immigrés indésirables en Europe :
Aujourd¹hui, grâce aux incidents qui se sont produits à Paris et en France en novembre 2005, nous savons que l¹immigré maghrébin, en général, s¹adapte mal à la vie en Occident, et plus particulièrement les jeunes [Š]. Le mot « intégration » devrait être abandonné et remplacé par un autre plus réaliste : « contention ». Actuellement, en Europe occidentale il y a besoin d¹adopter une politique d¹endiguement devant la marée maghrébine qui aspire à vivre parmi nous, mais sans intégrer, qui aspire à tirer profit de ce que des générations d¹européens nous avons construit avec notre effort et nos contributions (sic), mais sans aspirer à s¹intégrer ni renoncer aux aspects de l¹islam, incompatibles avec les constitutions démocratiques occidentales3.
Eu égard à cette campagne de propagande dont les immigrés marocains font l¹objet systématiquement, il n¹est pas surprenant que de plus en plus d¹espagnols expriment leur rejet à leur égard et que davantage de faiseurs d¹opinion affirment ouvertement leur préférence pour les hispano-américains, en mettant en avant que leur affinité culturelle et religieuse avec la société espagnole les rend plus intégrables dans cette dernière et moins problématiques que les autres collectifs d¹immigrés.
La réflexion de l¹auteur Fedérico Jiménez Losantos est illustrative de l¹écho que cette théorie a fini par avoir au sein de larges secteurs de l¹opinion publique espagnole. Etant convaincu que l¹affinité culturelle est un facteur indispensable dans tout processus d¹intégration d¹un collectif d¹immigrés dans un pays d¹accueil, et présentant comme un fait avéré que la différence culturelle, religieuse et linguistique constitue un obstacle insurmontable pour son intégration, cet auteur exprime sans ambages sa préférence pour les latino-américains et invitant les responsables espagnols à prendre des mesures destinées à favoriser l¹adoption d¹une politique migratoire généreuse avec eux :
Il est vrai qu¹une entrée massive d¹africains musulmans déboucherait sur des confrontations raciales et culturelles. Mais sachant que l¹immigration est inévitable et bénéfique, il ne serait pas plus intelligent, chaque année de faciliter l¹entrée de cent milles immigrés hispano-américains appartenant à notre langue et notre religion, facilement assimilables ? [Š]4.
Deux ans plus tard, le même auteur revient à la charge dans un autre article. Cette fois-ci, il propose que les contrats de travail de longue durée soient réservés aux latino-américains et que les Marocains, compte tenu de leur non intégrabilité supposée, aient seulement des contrats saisonniers au terme desquels ils devraient regagner leur pays :
Comme les journaliers ou travailleurs saisonniers du XXI siècle peuvent être des maghrébins, il me semble primordial que nous pensions à une immigration définitive qui ne consolide pas les ghettos et qui réduise au minimum les inévitables tensions d¹insertion sociale. La langue et la religion son des éléments clés, car elles constituent aussi le modèle familiale, noyau basique de socialisation des individus, au moins en Espagne. Les latino-américains et les catholiques de l¹Europe de l¹Est son les origines géographiques qui peuvent facilement s¹enraciner dans notre pays, celles qui, en une seule génération, peuvent avoir des enfants espagnols [Š]5.
La même politique est préconisée par l¹historien est philosophe espagnol, César Vidal. Sans hésiter à exprimer ouvertement sa haine à l¹égard des Marocains, celui-ci incite les dirigeants espagnols à adopter une politique migratoire dont le principal critère de sélection devrait consister en la capacité et la prédisposition des immigrés à se diluer et s¹assimiler dans la société espagnole, et à accepter son système de valeurs. Arguant que tel n¹est pas le cas des immigrés marocains, porteurs d¹une culture musulmane dont les valeurs ne seraient aucunement compatibles avec celles de la culture espagnole, ce partisan du filtrage ethnique demande aux responsables espagnols d¹imposer des restrictions à l¹immigration des Marocains et de donner plus de priorité aux latino-américains :
Parmi les immigrés à qui on devrait permettre l¹entrée en Espagne, on devrait donner la priorité à ceux dont l¹intégration est possible et dont les services ne peuvent être réalisés par les nationaux. Evidemment, ceci implique de donner la priorité à ceux qui parlent notre langue et qui appartiennent à notre cultures ou à autres cultures proches ou facilement intégrables. Cela signifie également ne pas préférer ceux qui appartiennent à des cultures différentes et, plus particulièrement, à ceux qui proviennent de la culture islamique, qui a démontré une notoire incapacité à s¹intégrer dans des sociétés occidentales et dont les valeurs entrent directement en collision avec les valeurs occidentales. De cette manière, nous faciliterons l¹intégration des immigrés dans la société espagnole et nous nous mettrons, en même temps, à l¹abri de dangers futurs.6.
Au lieu de traiter cette question avec objectivité et sérénité, et inviter les dirigeants de leur pays à promouvoir une politique migratoire plus à même de favoriser l¹intégration des immigrés et d¹améliorer leurs conditions de vie, ces défenseurs de l¹uniformité culturelle et religieuse ne font que raviver les inquiétudes de l¹opinion publique espagnole et lui donner davantage de raison pour voir d¹un mauvais ¦il la présence plongée de ces immigrés indésirables dans son pays. Dans ce climat délétère de méfiance généralisée, et jusqu¹à preuve du contraire, les immigrés marocains se voient transformés en délinquants et ennemis potentiels de la stabilité politique et de l¹uniformité culturelle de l¹Espagne.
Le laxisme
des autorités marocaines dans la lutte contre
l¹immigration clandestine !?

En plus de ses conséquences négatives sur la perception des Marocains, cette instrumentalisation de la question migratoire par la droite espagnole eut un impact négatif sur les relations entre le Maroc et l¹Espagne, notamment pendant le second mandat du PP entre 2000 et 2004.
Ce second mandat du PP fut marqué par l¹offensive que le gouvernement et les médias espagnols, notamment ceux proches de la droite, menèrent contre les autorités de Rabat, à la suite de l¹augmentation sans précédents des flux de l¹immigration clandestine, qui utilisaient le Maroc comme leur point de passage, faisant croire à l¹opinion publique espagnole que le principal responsable de cette situations était le Maroc. Accusation qui ne fit que détériorer les relations entre les deux pays. Bien plus, d¹une manière générale, le manque de coopération supposé des autorités marocaines dans la lutte contre l¹immigration clandestine, était présenté du côté espagnol, que ce soit au niveau des médias ou à travers les déclarations des membres du gouvernement, comme une stratégie marocaine destinée à porter atteinte aux intérêts espagnols. Le même ton fut adopté par la droite espagnole même après l¹arrivée au pouvoir du gouvernement de M. José Luis Rodriguez Zapatero.
Il suffisait du moindre événement lié avec l¹immigration clandestine, pour assister à un levé de bouclier de la part de la droite espagnole et de ses organes de presse pour lancer leurs diatribes et leurs accusations habituelles contre les autorités marocaines. A la suite des événements survenus à Sebta et Melillia en octobre 2005, le leader de la droite, Mariano Rajoy, monta au créneau pour dénoncer le laxisme supposé des autorités marocaines et les accuser de manque de coopération dans la lutte contre l¹immigrations clandestine :
³Le gouvernement espagnol a l¹obligation d¹exiger du Maroc qu¹il en finisse avec cette siatuation et qu¹ils accomplissent ses engagements internationaux. Nous savosn tous que des milliers de personnes ont été transportées à Ceuta et Melillia dans des trains et des bus. Nous savosn tous qu¹on a permit l¹installation de milliers de personnes durant les derniers mois et nous savons tous que la préparation d¹une opération de franchissement des grillages, ne peut pas se faire sans le consentement des autorités marocaines» 7.
Le même ton fut adopté par certains analystes proches de la droite et connus par leur tendance anti-amrocaine, tels que Florentino Portero, Ana Camacho, Marcos Pérez Gonzalez, Carlos Ruiz Miguel, et j¹en passe. A titre d¹exemple, dans son article « Melilla y la inmigración en las relaciones hispano-marroquíes », le sociologue Marcos Pérez González s¹empresse d¹accuser les autorités marocaines d¹avoir instrumentalisé les événements de Sebta et Melillia pour réactiver les revendications marocaines sur ces deux enclaves, exercer du chantage sur le gouvernement espagnol et l¹amener à ouvrir un dialogue à leur sujet :
Un aprçu sur qui s¹est produit pendant les 150 dernières années, montre que le phénomène de l¹immigration a toujours constitué, non seulement un problème pour une ville frontalière comme Melilla, mais elle a été utilisé instrumentalisé par le Maroc dans sa politique étrangère avec l¹Espagne et concrétement dans la revendication de la souveraineté sur ces deux villes nord-africaines [Š] Le Maroc a fait montre de laxisme en n¹empêchant pas le passage de ces immigrés. En plus il a été à l¹origine d¹un conflit à Melilla quand il ne voulut pas réadmettre un contingent d¹immigrés clandestins qui en furent expulsés en juillet de la même année [Š]8.
Toutes ces accusations pétries d¹une charge idéologique, intervinrent alors que tous les analystes et toutes les statistiques démontraient que la coopération menée par les autorités marocaines et les autorités espagnoles, même avant le retour de la gauche au pouvoir, déboucha sur une diminution remarquable des flux migratoires clandestins en provenance des côtes marocaines. En dépit des efforts consentis par Rabat pour survéiller ses frontières, il semble que le Maroc soit condamné à être la cible des accusations et des diatribes d¹un large secteur de l¹opinion publique et des responsbales espagnols, qui remettent en cause sa volonté de collaborer avec le gouvernement espagnol dans la lutte contre ce fléau. Il est significatif, à cet égard, de voir que, en dépit des avancées réalisées dans la lutte contre l¹immigration clandestine entre 2003 et 2005, 94% des espagnols affirment que ce phénomène empira en 2005 à cause du manque de collaboration des autorités marocaines9. Le meilleur représentant ce courant d¹opinion est l¹ancien président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, qui semble ne pas pouvoir se débarrasser de sa méfiance viscérale à l¹égard des autorités marocaines :
Je suppose que le Maroc doit dire qu¹il fait des effforts dans la lutte contre l¹immigration illégale et l¹Espagne doit être normalement très scéptique. Je crois que les faits parlent par eux même. Tout le monde sait que les réseaux de l¹immigration illégale sont, malheureusement, très enracinés et très développés sur le territoire marocain. Démanteler ces réseaux [Š] serait le premier pas vers une lutte éfficace contre l¹immigration illégale. Le reste c¹est que du blabla10.
Même si depuis plus de 3 ans, grâce au climat de dialogue et de concertation qui existe entre les autorités de Madrid et de Rabat, la question migratoire a perdu son incidence négative sur les relations hispano-marocaines, il y a fort à parier que cette question retrouvera le même impact négatif, au cas où la droite espagnole, menée par Mariano Rajoy, reviendrait au pouvoir à l¹issue des élections législatives prévues en mars prochain.
L¹existence d¹un large secteur de la société espagnole qui continue de percevoir le Maroc, non pas comme un allié stratégique de l¹Espagne dans la Meditérranée, mais plutôt comme un ennemi de ses intérêts vitaux dans cette zone, ajoutée à l¹accusation de Mariano Rajoy à la suite des assauts dramatiques des frontières de Sebta et Melilllia en octobre 2005, sont des indicateurs qui augurent que la droite espagnole aura l¹intention de suivre la même attitude adoptée par José Maria Aznar pendant son second mandat, à savoir, accuser le Maroc de l¹aggravation de ce phénomène et éviter toute remise en cause de la politique migratoire de son pays.

Par Dr Samir BENNIS * 

* Samir BENNIS, chercheur marocain, titulaire d¹un Doctorat en Relations Internationales (obtenu en 2005 à l¹université de Provence, avec félicitations du jury), ainsi que d¹un Mastère d¹Etudes Diplomatiques Supérieures (obtenu en 2007 au Centre d¹Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris, avec félicitations du jury). Il est spécialiste de la géopolitique du pétrole et des relations hispano-marocaines

Note

1 Loi migratoire portant sur les droits des étrangers en Espagne.
2 Leon Klein, Marruecos: la amenaza, su guerra de bajo contra España, Barcelone, PYRE, 2005, p. 197.
3 Ibid., pp. 203-210.
4 Fedérico Jiménez Losantos, « Faltan inmigrantes », ABC, 25 février 1997.
5 Fedérico Jiménez Losantos, « Inmigracion racional », ABC, 5 octobre 1999.
6 César Vidal, España frente al islam, de Mahoma a Ben Laden, Madrid, La esfera de los libros, 5ème édition, 2004, p. 470.
7 Voir : ´´Rajoy Pide a Zapatero que exija explicaciones Marruecos´´, AFP, 29 septembre 2005.
8 Marcos R. Pérez González, « Melilla y la inmigración en las relaciones hispano-marroquíes », in Grupo de Estudios Estratégicos, no 617, 25 octobre 2005.
9 Ibid.
10 Cité par Ignacio Cembrero, Vecinos alejados, los secretos dde la crisis entre Espaa y Marruecos, Barcelone, Galaxia Gutenberg, 2006.

Pakistan : Benazir Bhutto assassinée

L’ex-Premier ministre pakistanais et leader de l’opposition Benazir Bhutto a été tuée jeudi dans un attentat suicide qui a fait au moins 16 autres morts, à l’issue d’un meeting électoral dans la banlieue d’Islamabad, à deux semaines des législatives. Les intégristes musulmans.

«Selon nos informations, elle est décédée, un fragment de la bombe l’a apparemment touchée», a annoncé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Javed Cheema.
Elle avait été transportée blessée à l¹hôpital, avait assuré peu avant à l¹AFP un responsable de son parti.
L’attentat a été perpétré à Rawalpindi, une grande ville qui jouxte la capitale pakistanaise. Immédiatement après le drame, plusieurs corps déchiquetés jonchaient la route, a témoigné un journaliste de l’AFP sur place.
Au moins 16 personnes ont été tuées, ont assuré plusieurs officiers de police sur les lieux, avant que ne soit annoncé le décès de Mme Bhutto.
«Un kamikaze a fait exploser la bombe qu’il portait sur lui alors que les gens quittaient le meeting», a précisé Javed Cheema.
En réaction à cet attentat, l’ex-Pemier ministre pakistanais Nawaz Sharif a promis jeudi aux Pakistanais de «mener leur guerre» après la mort, dans un attentat suicide, de Benazir Bhutto
La démocratie visée

Les Etats-Unis ont condamné jeudi l’attentat qui a coûté la vie à l’ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto.
«Nous condamnons bien sûr cet attentat qui montre qu’il y a des gens là-bas qui essayent d’interrompre la construction d’une démocratie au Pakistan», a-t-il déclaré à l¹AFP.
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a exprimé de son côté sa «très grande émotion» et condamné fermement «l’acte odieux» qui a coûté la vie à l’ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto, a déclaré jeudi son ministère.
La Russie également «condamne fermement» l’attentat suicide qui a coûté jeudi la vie à l’ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto, a déclaré la diplomatie russe citée par les agences russes.
«Nous condamnons fermement cet attentat, présentons nos condoléances aux proches de Benazir Bhutto et espérons que la direction du Pakistan va réussir à prendre les mesures nécessaires pour assurer la stabilité dans le pays», a indiqué le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Mikhaïl Kamynine cité par l’agence Interfax.
Ce drame est le dernier d’une série record d’attentats suicide dans l’histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts en 2017.
Le plus meurtrier, pour l¹heure, avait déjà visé une manifestation du parti de Mme Bhutto: le 18 octobre, deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du sud, le retour de l¹ex-Premier ministre après six années d¹exil.
Mme Bhutto avait réchappé du double attentat parce qu¹elle se trouvait à l¹intérieur d¹un camion blindé en tête du défilé.
Depuis lors, les autorités ont multiplié les avertissements, assurant que des informations «précises» permettaient de penser que les terroristes islamistes voulaient attenter à sa vie.
Après l¹attentat du 18 octobre, Mme Bhutto avait accusé à plusieurs reprises des «hauts responsables» proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d’être à l¹origine de cette attaque, sans jamais le prouver.
L¹ex-Premier ministre dirigeait le principal parti de l’opposition au président Pervez Musharraf, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) depuis qu’elle lui avait tourné le dos début novembre après avoir négocié, dans un premier temps, un accord de partage du pouvoir qui lui avait permis de rentrer d¹exil grâce à une amnistie mettant un terme à des poursuites pour corruption du temps où elle dirigeait le pays (1988-1990 et 1993-1996).
C’est précisément en invoquant notamment la menace terroriste islamiste que M. Musharraf avait instauré l’état d’urgence le 3 novembre. Après quelques jours de tergiversations, Mme Bhutto avait mis un terme à ses négociations avec le chef de l¹Etat pour un partage du pouvoir dans la perspective des élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier et était entrée dans l’opposition.
Face à la pression intense de la communauté internationale et de l’opposition, M. Musharraf, qui a été réélu pour un second mandat le 6 octobre par les assemblées sortantes, avait finalement levé l’état d’urgence le 15 décembre et promis de tout faire pour assurer la sécurité de la campagne électorale et des opérations de vote.
Mme Butto menait campagne contre M. Musharraf mais surtout contre les fondamentalistes musulmans, en promettant d’»éliminer la menace islamiste» du pays.

Agadir : Ravages des pluies diluviennes

Encore une fois, il a fallu juste les précipitations pluviales d¹une journée et demie pour qu’Agadir frôle une nouvelle catastrophe. Les innondations menaçaient en effet plus d’une zone de la ville.

Certes, aussitôt que les fortes pluies diluviennes frappèrent la cité et ses banlieues, le comité de gestion des crises fut déployé sur les lieux les plus touchés par les inondations et entreprit les mesures conséquentes d¹accompagnement nécessaires, notamment le relogement des personnes sinistrées à Dar Arraha d’Agadir, le sauvetages et le désengagement des «naufragés», la mise en fonction des moyens techniques et la mobilisation de tous les services concernés (sapeurs pompiers, RAMSA, police, Commune urbaine, services de l’Equipement), en plus de la mise en place d¹un plan d¹action et d¹intervention rapideŠ Cependant, il y a lieu de constater, une fois n¹est pas coutume, que les eaux charriés par les oueds sillonnant la ville, en dépit de leur rareté («heureusement» d’ailleurs), submergèrent plusieurs artères et zones urbanistiques. Les pluies torrentielles tombées sur les zones montagneuses, et à cause des difficultés au niveau de leur écoulement, ont engendré des dégâts matériels et des perturbations de la circulation. Le bilan officiellement rendu public se passe de tout commentaire : 5 personnes ont péri à oued Tamait (affluent de oued Souss) à la commune rurale de Drarga, 30 baraques inondées au bidonville de Day Day à Anza et 5 autres à TassilaŠ Ces fortes précipitations qui n¹ont pas, néanmoins, atteint le stade de fortes crues, ont semé un grand désagrément aux passants et surtout aux conducteurs qui ont vu leurs véhicules s’enliser dans la boue. Certains ont même attendu des heures et des heures pour se libérer de cet entonnoir désastreux. Du côté de la route nationale menant à Marrakech, des milliers de bouteilles en plastique et autres objets encombraient la voie marécageuse depuis la décharge publique qui avait, dans le temps, suscité des palabres sur son emplacement mitoyen des cours d’eau en amont. Il faut dire que toute la ville se trouve, depuis longtemps, à la merci de deux grands oueds qui menacent continuellement toutes les constructions en aval. On dit toujours que, tôt ou tard, le fleuve retourne à son lit. C¹est le cas de le redire avec amertume dès que les pluies, si infimes soient-elles, s’abattent sur la capitale du Souss rebatie sur les débouchés des oueds en hibernation. Mais pour combien de temps ? Personne ne peut l¹affirmer, mais, ce qui est sûr, c¹est que les crues, une fois arrivées, feront très mal, à un moment où les regrets ne serviront plus à rien. Il est bien évident que les dégâts importants ne sont pas dus aux anomalies du réseau d¹assainissement. Toutefois, on ne doit pas perdre de vue les dangers qu¹encourt la ville à cause des oueds qui traversent son aire urbaine. Cette situation devrait alerter les responsables, il y a belle lurette, pour endiguer cette catastrophe angoissante. On croit savoir, dans ce sens, qu’il est prévu la construction de deux barrages collinaires sur les oueds Al Ghazoua et Lahouar, au titre d’un programme de lutte contre les inondations et dont les travaux de réalisation seront lancés au cours de l¹année 2008. Espérons bien que ce ne sera pas là un de ces bluffs dont on a maintenant l¹habitude. Il est vraiment inacceptable d¹hypothéquer l’avenir d’une ville appelée à s’ériger en pôle touristique de premier plan, avec des aléas tels que les inondations. Pis encore, plusieurs quartiers, en particulier, Najah, Charaf, Hay Mohammedi, les amicales, sans parler des constructions anarchiques aux piémontsŠ se trouvent perpétuellement en danger d’une éventuelle crue cyclique. Il est pareillement condamnable de constater, non sans indignation et révolte, les flux gigantesques qui vont mourir dans la plage d’Agadir, l’une des plus belles du monde, après avoir arraché et emporté sur son passage toutes les sortes de déchets nuisibles à l¹environnement aquatique. Les dernières précipitations qui se sont abattues sur la cité et ses environs interpellent sérieusement toutes les autorités de la ville, car la situation est fortement problématique.